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dimanche 26 février 2012

LE GRIS, TOUJOURS LE GRIS

    De mon enfance, je ne me souviens guère que de la pluie et de la neige, mais surtout de la pluie, comme si quand il ne pleut pas soit la neige qui lui remplaçât.

    Du soleil, je garde seulement de petites lumières des brefs étés de tout pays du nord, que ma famille passait dans l'abrupte côte du mien, où parfois la mer basse offrait quelques plages d'un fin et doucement gris sable. Le soleil-là se réfractait de manière détachée sur les façades chaulées des maisons, ce chaulage qui cachait la pierre, gris, dans lesquelles avaient été bâtis, comme si les gens d'ici auraient de la honte de ce qu'elles sont, d'où elles sont, pourtant ces mêmes gens se montraient fiers des circassiennes maisons, toute façade, lesquelles avaient fait bâtir les émigrés enrichis venus d'Amérique.

       Le souvenir de ces androgènes maisons châteaux, à l'instant le lui faire revivre, me rapporte à ma jeunesse, dont l'alcool et les drogues m'avaient apporté de nouvelles couleurs ; desquels au fur et à mesure que le temps s'est allé passant, elles ont disparu sans peine ni gloire, pour revenir à moi les gais gris de mon enfance.

          Aujourd'hui, en sentant que la mort me hante, grise, elle est grise, de la belle couleur grise, dont il sert, élégamment, à tout ouvrir… à tout fermer.

vendredi 1 juillet 2011

UN FOL DANS LA VILLE

    Dans une ville grise, d'un pays vert, laquelle est creusée de rues grises bordées de maisons grises ; quelques-unes si grotesquement colorées que bien pourraient blesser la vue d'un aveugle. Là, il vit un vieil brave homme qui marche souvent par les trottoirs de ces rues, droit comme un cierge, pour prôner des choses que la vie a thésaurisées en lui et qu'il enveloppait en papier pelure en les éparpillant partout si généreusement.
    Les personnes qui y passent se moquent en écoutant les laïus du fou sans l'écouter. Peut-être parce qu'il ne serait pas que notre charmant brave vieil homme ne dit aucune stupidité comme celles qu'ils pensent, et voilà la question : c'est ça qui les empêche de lui écouter.
    À la sortie d'une église, leur pauvre clientèle, au pas de notre éloquent homme, souri sinon fronce les sourcils, tous sous l'aura de la pitié impitoyable de qui croît par foi. Ils n'ont pas besoin de la connaissance qui ne soit pas pour thésauriser de l'argent. Toujours qu'ils aient besoin de la science, soit-elle cela des autres : celle-là des pêcheurs athées… la philosophie n'intéresse point : la philosophie est liberté.